La Maison de la Cerise

«Qual a pas vist, quand i a de cerièras, las femnas de Paulhe trepar dins las carièras de Milhau. « Qual vòl de cerièras, tres sòus lo quílò !»

« Qui n’a pas vu quand il y a des cerises, les femmes de Paulhe arpenter les rues de Millau ; qui veut des cerises trois sous le kilo ! »

«Vieux dictons et vieilles paroles résonnent encore dans la mémoire des anciens de la vallée du Tarn.»

Déjà en 1750, le poète Millavois Claude Peyrot y fait référence dans ses écrits : « Dès la fleur printanière, nous voyons poindre l’adventive cerise. Ce fruit savoureux qui est de tous l’aîné et qui éblouit les yeux de son rouge incarnat vient garnir les desserts avec la fraise parfumée. »

On ne vend plus les cerises à la criée et bien qu’actuellement en crise, la cerise est passée du stade de complément de ressource agricole à celui d’activité principale. Un nouveau métier est né « arboriculteur » et avec lui des techniques et des variétés nouvelles.

Adossée au Causse noir, au milieu des vergers, la commune de Paulhe se veut vivante, fière de son passé et tournée vers l’avenir. C’est tout naturellement que l’idée de créer une Maison de la Cerise y a vu le jour, concrétisée par son inauguration le 13 juin 1999. Lieu de rencontre, d’échange, de promotion mais aussi de conservation, un verger conservatoire y est consacré aux variétés anciennes, issues d’un long travail de sélection et d’acclimatation de plusieurs générations d’arboriculteurs. Le Jaboulay, l’Alzonaise, la Napoléon et tant d’autres ont d’abord été sélectionnées pour leur rusticité, leur adaptation à notre terroir et aux techniques agricoles de l’époque.

Aujourd’hui pour des raisons de calibre, de dureté, de productivité et d’homogénéité de récolte ces anciennes variétés disparaissent peu à peu. Il n’en reste pas moins qu’elles font partie de notre patrimoine rural, biologique et humain et à ce titre méritent d’être sauvegardées.

Après plusieurs mois d’enquête de terrain menée parallèlement à des recherches bibliographiques, nous avons établi et retrouvé vingt et une variétés qui ont été greffées sur porte greffe Sainte Lucie en trois exemplaires chacune. La majorité des greffons ont été prélevés localement dans des vergers de particuliers. Ce fut parfois in extremis par exemple pour la Jérusalem ou, le seul représentant de la variété que nous avons pu localiser se trouvait en Cévennes, ce très vieil arbre est mort quelques mois après que nous ayons effectué le prélèvement.

Certes aujourd’hui le verger de la Maison de la Cerise a surtout une vocation pédagogique et touristique mais qui peut présager des orientations futures que prendra l’agriculture ? Un verger conservatoire est aussi un legs aux générations à venir.

Maison de la Cerise 12520 PAULHE, tél. : 05 65 59 00 98.