La noix de Carême

La noix Carême est un peu allongée avec une pointe moyenne, à coquille aplatie. La coque est saillante le long de la ligne de suture des valves à partir du milieu et jusqu’au sommet. Elle est mince, tendre, fortement ridée. C’est une noix de grosseur moyenne ayant approximativement 36 mm de long sur 32 mm de large. Le poids moyen d’une noix sèche est de 8,5 gr, l’hectolitre pèse environ 35 kg.

La noix Carême était principalement cultivée dans le département de l’Aveyron et, en particulier, dans la région de Villefranche-de-Rouergue ; la plus grande partie des noyers du département appartenait à cette variété qui avait pour origine un vieux et magnifique noyer situé à 1 km au nord de Villeneuve sur la route de Capdenac au bord de la Côte de Carême. Cet ancêtre dont le tronc ne mesurait que 2 m à 2,50 m de hauteur, avait une forte charpente qui s’étendait latéralement sur un rayon de 10 à 12 mètres. Lorsqu’il était dans toute sa force, il donnait jusqu’à 200 kg de noix par an. C’est lui qui avait servi à greffer presque tous les noyers du pays. L’arbre était rustique.

Cette variété vient bien dans la plaine, en terrain d’alluvion et semble affectionner le calcaire où elle réussit parfaitement. Les branches sont plus tordues que celles du noyer d’autres variétés. Enfin, l’arbre est productif ; c’était la variété de noix la plus estimée dans l’Aveyron. Il fleurit en mai. La noix Carême était quelquefois vendue pour la table. Elle était très appréciée pour la production des cerneaux ; sa coque est mince, le cerneau est très rapproché, ne laissant aucun vide, de sorte qu’il y a peu de perte au cassage. Aujourd’hui, on ne fabrique plus d’huile mais il y a un siècle chaque ménage faisait sa provision d’huile de noix ; on donnait la préférence à la noix Carême comme fournissant le meilleur rendement et l’on obtenait, avec de vieux pressoirs, 5 ou 6 litres d’huile pour 10 à 12 kg de cerneaux. En 1910, les noix ont été vendues sèches 2 euros le kg.

D’après Lesourd F., Le noyer, 1920, adapté et rapporté par Gaudou Jacques