L’Aveyron : un patrimoine biologique remarquable

Campagne, rivières, forêts, pelouses sèches, haies par endroits, quelques vieux arbres, plateaux calcaires, plaines acides, landes caractérisent l’Aveyron. Au bord de quelques champs on peut encore voir des plantes messicoles qui se font remarquer par leurs couleurs si variées. Du rouge des coquelicots au bleu des bleuets en passant par les Miroirs de Vénus violets, les Nigelles bleu ciel et la Nielle des blés rose. Les pelouses sèches abritent plusieurs dizaines d’espèces d’orchidées aux formes très variées et quelques tourbières cachent encore les fameuses "droséras". Grâce à la convergence de 3 types de climats et de milieux très variés, on trouve une faune particulièrement diversifiée en Aveyron (390 espèces de vertébrés).

L’emblème des Grands Causses, ce sont bien sûr les vautours, ommunément appelés Bouldras. Les Vautours fauves et les Vautours moines ont été réintroduits avec succès dans les années 80 et 90. Actuellement en France, il n’y a que dans les Grands Causses que le Vautour moine se reproduit. C’est vous dire l’importance des départements de l’Aveyron, de la Lozère et du Gard pour la conservation de cette espèce menacée.

Mais il est aussi très fréquent de rencontrer une multitude d’autres rapaces. Quelques Aigles royaux nous font ainsi le plaisir de leur présence. Vous connaissez peut-être le Circaète Jean-le-blanc, cet aigle mangeur de serpents, ou le Busard cendré, ce fin et élégant rapace qui niche au sol, bien souvent dans les cultures de céréales. De nombreux Milans royaux viennent passer l’hiver en Aveyron, ce qui encore une fois place le département parmi ceux les plus importants pour la conservation de cette espèce menacée.

Vous aurez sans doute croisé lors de vos promenades des oiseaux plus petits mais non moins remarquables : des pies-grièches reconnaissables à leurs masques de "Zorro" et leurs becs crochus, des Huppes fasciées qui vous dévoilent leurs si jolies huppes, des cincles plongeurs véritables scaphandriers qui disparaissent pendant quelques dizaines de secondes sous l’eau des rivières ou le discret "clignotant" rouge du Tichodrome échelette visible lorsqu’il bat des ailes à flanc de falaises. Si les oiseaux sont faciles à observer, vous croiserez aussi couramment la vive couleuvre verte et jaune dans tout le département ou le débonnaire lézard vivipare dans les tourbières de l’Aubrac. Vos soirées de début de printemps ont sans doute déjà été bercées par le chant flutté des crapauds accoucheurs ou des rainettes méridionales.

Ceux attirés par le monde souterrain comme les amateurs de vieilles pierres auront déjà rencontré au moins une des 22 espèces de chauves-souris du département. La plus célèbre est sans doute le Minioptère de Schreibers dont une colonie d’importance nationale se trouve à proximité de Millau. Mais les plus visibles sont les rhinolophes suspendus l’été sous les toitures et souvent enveloppés dans leurs ailes. Par contre, plus rares sont ceux qui ont pu surprendre le putois ou la genette, ces mammifères aux mœurs nocturnes dont on trouve des traces diverses dans la nature.

Tous ces animaux font partie de notre riche patrimoine aveyronnais et en constituent parfois une composante originale et rare. Ils méritent donc que nous vous les fassions découvrir dans les prochains numéros de Patrimòni.

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