L’ASPIBD conjugue le passé au présent

Le Bassin de Decazeville possède un riche passé social, économique et industriel. Devant le démembrement des industries et des vestiges miniers, suite aux diverses restructurations et fermetures d’usines, une poignée de passionnés a décidé de préserver ce qui pouvait l’être. C’est ainsi, qu’en 1997, l’ASPIBD a été créée, dont le but est de mettre en valeur ces richesses et cette culture enracinée à partir du charbon, de l’acier, du zinc et du verre, tout en poursuivant un devoir de mémoire indispensable pour les jeunes générations.

Cette envie de préserver ses racines (de les retrouver pour certains) n’est pas un effet de mode. Partout en France, les gens se mobilisent pour sauvegarder leur patrimoine. De plus, la mémoire fournit les repères sociaux et identitaires nécessaires à l’évolution cohérente de toute société. L’objet industriel n’a pas de valeur en soi, cependant sa valeur réside dans le témoignage qu’il porte. Il permet d’appréhender l’histoire locale. Cette chronique, écrite avec la sueur, les larmes, le sang, est forte et pleine de dignité humaine, traversée par des mutations sociales profondes par le biais du travail.

Alors que Decazeville et sa région ont fait le deuil de leur lourd passé industriel, façonné à travers le temps par des générations d’ouvriers locaux et immigrés, l’ASPIBD projeta de fonder une Cité des énergies, rappelant 170 ans d’épopée humaine. Au départ, il était question d’élever un bâtiment, intégré autour des vestiges encore existants. Cette structure devait accueillir un musée et un centre d’interprétation où l’on utilise la dimension du spectacle dans un décor proche de la réalité. Grâce à des mises en scènes avec des procédés ultra-modernes, les visiteurs auraient vécu des expériences uniques. Mais ce projet touristique, économique et culturel n’a pas abouti, faute d’un accord, la Communauté des communes du Bassin, le jugeant trop ambitieux.

Déçu, le premier bureau démissionna mais la vocation de l’ASPIBD n’a pas cessé pour autant. Autour du président Arnaud Segond, l’association multiplie les actions au service de la mémoire : tirages de photos d’époque, publications de livres, de posters, de cassettes-vidéos, expositions, etc. Un jeune président qui précise : « N’ayons pas honte de cette période industrielle et montrons les valeurs qui se sont façonnée autour d’elle. Toutefois, nous faisons revivre le passé sans être passéiste. Notre but est de servir de relais entre les anciennes générations et les jeunes. Notre devise pourrait être la citation suivante : La mémoire est l’antidote à l’amnésie des sociétés sans avenir. »

Actuellement, l’association propose : « L’Òme (l’Homme) » un livre écrit en occitan et en français par André Pradel, un mineur-écrivain qui nous montre la terrible grève de l’hiver 1961-62 vue de l’intérieur Le livre + 1 C.D. en occitan seulement : 13 €. « Travail » un DVD, ce film a été tourné en partie dans le Bassin Decazeville-Aubin, vers 1917, d’après le roman d’Émile Zola. Même si la totalité de l’œuvre ne se déroule pas dans le Bassin (une partie du tournage a été effectuée au Creusot), on y découvre l’atmosphère ouvrière de l’époque à Decazeville. Le DVD : 25 € Deux témoignages exceptionnels.