Pourquoi... le houx a-t-il des feuilles piquantes ?

Il est toujours difficile de traduire un texte c’est d’autant plus difficile quand il s’agit d’occitan car c’est une langue très riche avec des mots différents pour exprimer les nuances. Elles sont parfois perdues lors de la traduction.

Le houx nous le connaissons tous, c’est un arbre qui peut atteindre 15 mètres si le terrain lui convient. il se plait et pousse bien sur les terres siliceuses du Lévézou. certaines fois quand l’arbre est grand on dit «lLa» houx. Si les houx sont épais de chaque coté d’un chemin on parle de «griffoulière». Les arbres serrés abritent les promeneurs du grand vent et de la neige pendant l’hiver et aussi, pendant l’été, du soleil.

Du premier janvier au 31 décembre, le houx reste vert. Les feuilles coriaces, luisantes, d’un vert foncé durent plus d’une année ; elles ne tombent pas toutes ensemble aussi l’arbre ne se trouve jamais nu. Sur les rameaux jeunes des branches basses , surtout,  les feuilles sont rudes, épineuses et ondulées, terriblement agressives et piquantes (il vaut mieux ne pas s’y appuyer !) mais avec le temps et l’âge, sur les rameaux les plus vieux elles deviennent plus molles, plus ovales et comme tous les vieux elles perdent des dents ! A la fin, ils ne leur en restent qu’une à la pointe. Les petits rameaux tendres peuvent être attrayants pour les animaux mais les blessures et les piqures ne manquent pas de rebuter les bouches délicates.   Ainsi l’arbrisseau se protège.

Un grand houx creux, avec des branches et des feuilles épaisses sert d’abri tant pour les outils que pour le troupeau.

Le tronc dur et souple, parfois s’emploie pour de petits outils, De couleur blanche, il se teinte facilement.

Une fois bouillie dans l’eau, la partie intérieure de l’écorce donne une pâte qui va se changer en colle : la glu. Étalée sur un planche attraper les oiseaux qui ne peuvent plus se décoller.

Tout le monde connaît le fruit, ces petites boules rouges et brillantes, écarlates. Elles murissent à partir du mois de septembre et restent sur l’arbre jusqu’à la fin de l’hiver. Elles brillent encore dans l’atmosphère gelée de février. Amères au goût, elles font vomir et sont purgatives. Il faut s’en méfier même si les petits rameaux colorés ornent et illuminent les tables de Noël et du Jour de l’An.

Les très petites fleurs s’épanouissent au mois de mai, roses ou blanches elles ne se voient pas beaucoup. Certaines n’ont que des étamines, pour les autres n’ont que des pistils ; ainsi tous  les arbres ne font pas de fruits et il y a des houx qui ne donnent jamais de boules rouges. Les choses sont comme elles sont...

Cependant n’oublions pas la question ! : Pourquoi les houx ont-ils des feuilles pointues et piquantes ?

Figurez-vous qu’il y a longtemps, nous étions un peu avant Noël, le Bon Dieu était content. Il était content comme jamais ! Il venait de trouver un arbre qui restait vert  toute l’année. Non, n’y pensez pas ! C’e nest pas du pin qu’il s’agit, ni même du sapin, pas plus du genévrier... Ceux-là, verts de verts, avec leurs aguilles en guise de feuilles ne sont pas si beaux que çà ! Vous le savez bien et pour Noël il faut les embellir, leur mettre des décorations, boules, étoiles, guirlandes... Mieux que ça, le Bon Dieu venait d’inventer le houx ! Absolument, avec des feuilles vertes, luisantes, cireuses... Entre les feuilles brillantes, brillaient des petites boules rouges d’un rouge cramoisi, groupées par trois ou quatre. Chaque nuit, une équipe de petits hommes vaillants et courageux, les farfadets se répandaient sur les branches et frotte que tu frotteras, avec un chiffon de laine, ils font briller tout cela.  Il était content le Bon Dieu de sa trouvaille ! D’autant plus qu’il avait fait le tronc dur et pliant, facile à travailler.  Et le Bon Dieu, je le vous dit comme ça, entre nous, je crois qu’il était un peu vaniteux de cet arbre.

Un jour cependant il s’aperçut que les animaux sauvages (et même les domestiques) mangeaient ses arbrisseaux, quand ils étaient petits, feuilles, branchettes, graines, bourgeons, tout y passait... et l’arbre crèvait pardi !
Bien sûr que non, cela ne pouvait pas durer ainsi. Il avait tant travaillé Lui pour concevoir un arbre si sophistiqué.
Une fois de plus il se mit à réfléchir. Penses que tu penseras. Ses oreilles fumaient.
La solution ? il finit par la trouver, il n’y a pas de problème qui n’est sa solution.
Les feuilles d’en bas, il les fit dures, coriaces, amères pour avoir pour ne pas avoir à recommencer, autour de chacune il planta des aiguillons pointus, une couronne de dents aigües. Et le tour était joué ! Depuis ce jour les animaux ne goûtent plus le houx, et, sur le Lévézou, aujourd’hui encore, on peut voir de belles «grifoullières».

Il y en a d’autres qui pensent que c’est le hasard qui fit apparaître ces feuilles piquantes et que la sélection naturelle les servit car elles étaient avantageuses. Elles protégeaient les jeunes pieds des dents des animaux. Quoi qu’il en soit, l’arbre présente bien.  Et même s’ils sont «mal élevés» parfois, ses rameaux restent un symbole pour les fêtes d’hiver quand il ne se trouve plus de fleurs dans la campagne.

Traduction Silvia