Trayeur de chèvre ! L’engoulevent une espèce patrimoniale.

Tête d'engoulevent (Photo Alain Hardy)

Le 3 juin 2006, la LPO Aveyron (Ligue de Protection des Oiseaux) a organisé la première nuit de l’engoulevent du département. Cette action se tenait dans le cadre des journées Nature, vaste opération de découverte et de sensibilisation du public aux questions de préservation du patrimoine naturel, initiée par la région Midi-Pyrénées.
Quatre points de rencontre, Decazeville, La Rouquette, St-Rome-de-Tarn, et Tournemire ont réuni environ 80 personnes. Quatre lieux pour découvrir cette espèce particulière et tenter de profiter de l’ambiance nocturne de ce début juin, révélatrice de la richesse de notre biodiversité.

L’engoulevent d’Europe est bel et bien un oiseau particulier : Caprimulgus europaeus vient de caprimuge, littéralement : trayeur de chèvre. En occitan : lo teta cabra. Ce nom originaire d’une croyance populaire tenace était lié aux comportements particuliers et mystérieux de cet oiseau qui fréquente les troupeaux, plus pour les insectes qui les environnent que pour leur traire les mamelles. Mais avez vous déjà vu son bec ouvert : engoulevent et trayeur de chèvre prend alors tout son sens ! 
De mœurs nocturnes, il est incommodé par la lumière, il se pose et niche au sol, son homochromie est remarquable au point que le trouver après l’avoir vu se poser est presque impossible, et c’est souvent le hasard qui révèle sa présence quand il s’enfuit à quelques centimètres de vous. Ce soir du 3 juin le ciel fut propice à l’observation. Autour du halo lunaire qui pointait, les divers groupes ont distingué plusieurs fois sa silhouette caractéristique, son vol papillonnant, et son chant particulier. 
Il chasse ou parade. Spécialisé sur les papillons de nuit et les coléoptères, cette espèce s’est particulièrement bien adaptée. Son vol est souple, totalement silencieux ; il s’accélère par saccades lors des captures d’insectes. 
Sur chaque site, des bénévoles de la LPO ont présenté la biologie de cet oiseau curieux. En effet, le couple semble fidèle malgré ses migrations africaines. La seconde ponte de 2 œufs débute avant l’envol des jeunes, qui sont alors pris en charge par le mâle pour libérer la couveuse. Il semble aussi qu’une certaine organisation sociale existe au sein des populations importantes (comme des petites colonies). L’engoulevent rentre en semi-léthargie lorsque la température descend trop et que les insectes ne sont plus au rendez-vous.

Un engoulevent au nid (Photo Pascal Bouet)

Malgré les températures fraîches des jours précédents, presque tous les groupes ont clairement entendu son chant caractéristique, l’ambiance nocturne aidant c’est une partie plus cachée de notre patrimoine naturel qui fut découverte par les participants. A l’image de cette sortie, la LPO vous invite à participer à ses activités, ses animations et ses actions de protection en prenant contact avec elle.

LPO Aveyron, 10, rue des Coquelicots, 12850 Onet-le-château, tél. : 05 65 42 94 48, courriel : [aveyron@lpo.fr].